Affiches Belle Epoque

9 mai 2018 > 3 septembre 2018

Une collection inédite

De 1885 à 1914, Bruxelles vit l’une des périodes les plus fastes de son histoire, que cela soit dans le domaine économique, social, politique, technologique, urbanistique mais surtout culturel. L’émergence de cercles artistiques et de l’Art nouveau confère à la capitale belge une place primordiale sur l’échiquier européen de la création.

L’affiche illustrée, qui apparaît dans toute sa fantaisie à Paris dans les années 1870-1880, trouve à Bruxelles un engouement immédiat. Des artistes, célèbres ou
méconnus, s’essaient avec bonheur à l’art de l’affiche, séduits par ce média éphémère, techniquement exigeant mais tellement exaltant car susceptible de colorer la ville et ses faubourgs. Porteuses de messages publicitaires, elles annoncent la société de consommation. Une multitude de produits y sont vantés, depuis le téléphone jusqu’au vélo, en passant par les voitures, les biscuits, le chocolat, le café, le tabac ou l’alcool, sans oublier les cirques et autres théâtres. Les artistes jettent leur dévolu sur l’image de la femme bourgeoise et libérée à la fois, qui apparaît comme le fer de lance de cette envie de luxe et de modernité.

Rythmé par des expositions universelles, le temps est à l’émulation et à la surenchère, de la part des artistes mais aussi des imprimeurs bruxellois. Ceux-ci se familiarisent avec la technique de la lithographie en couleurs et n’ont rapidement, techniquement parlant, plus rien à envier à leurs homologues parisiens.

Ernest De Try, un homme, une collection

A la Belle Époque, l’engouement est immense pour les affiches, créant un phénomène d’ « affichomanie » et les amateurs, comme Ernest de Try, constituent de véritables collections.
Ernest de Try naît à Bruxelles en 1881 et y décède en 1960. Dès 1906, il part pour l’Afrique, où il développe une multitude de projets comme investisseur, homme de confiance ou administrateur. Homme d’affaires, il est aussi un homme de presse, créant et dirigeant des journaux ou assurant les correspondances vers la presse européenne. Probablement ingénieur, il est parallèlement l’auteur de brevets d’invention et de perfectionnement dans le domaine de la construction en préfabriqué. 1929 sonne le glas de ses activités coloniales ; il se consacre surtout à la littérature et à la poésie, passion qui le tient depuis son jeune âge. Il cède en 1934 aux Archives de la Ville de Bruxelles plus de 300 affiches. Sans que l’on connaisse les motivations de l’homme à rassembler cette collection, celle-ci se caractérise par son exceptionnelle attention à la vie quotidienne et se focalise surtout sur Bruxelles. Son important fonds d’Archives est, par ailleurs, conservé aux Archives générales du Royaume.

La collection de Try n’a jamais été montrée au public en tant que telle. Toutefois, pour des raisons de conservation, cette exposition présente surtout des fac-similés. Ceux-ci, non encadrés, évoquent l’extraordinaire foisonnement des affiches dans les rues d’alors. Une vingtaine d’originaux encadrés permettent cependant de jouir de la beauté et de la subtilité des encres lithographiques utilisées à l’époque. Une bande-son originale composée de morceaux de la Belle Époque accompagne le parcours de l’exposition. Celle-ci a été créée par Marc Danval.


Pour les kids
Couleurs, dessins, techniques, un parcours ludique est spécialement dédié aux enfants de 7 à 12 ans.

Atelier Kitchen Litho
26 et 27 mai 2018 à 10h et 14h30 (durée 3h)
Atelier grand public pour expérimenter la technique de la lithographie.
Tarif : € 12 , réservation obligatoire : service.educatif@brucity.be

Visites guidées de l’exposition
€ 75,00 (semaine) / € 90,00 (weekend) + € 6,00/ personne (entrée)