Les 3 Grâces, un véritable chef-d’œuvre signé Della Porta

Le 03.05.21  

La fontaine des 3 Grâces, 1545, a fait l’objet d’une étude en vue d’une probable restauration.
Comme pour une enquête policière, de nombreux indices ont été minutieusement relevés :

  • Enfouie sous une épaisse couche de vernis, la pierre se révèle être du marbre blanc . À la Renaissance, dans nos régions, les sculpteurs utilisent l’albâtre.
  • La thématique de la fontaine, en particulier les scènes ornant le piédestal, renvoie sans aucun doute à des ateliers italiens.
  • La forme singulière de ce piédestal, une base tronconique triangulaire, évoque les productions de l’atelier Della Porta.
  • Une comparaison avec la fontaine du Palais de Boussu provenant de l’atelier de Della Porta indique de nombreuses similitudes avec les 3 Grâces.

Ces éléments et bien d’autres encore permettent à l’équipe de l’IRPA d’attribuer l’œuvre à un atelier majeur de la Renaissance, celui de Guglielmo Della Porta. Cette découverte éclaire d’une manière nouvelle les 3 Grâces mais aussi l’influence de la Renaissance à Bruxelles.
Et nous n’en sommes qu’à la première phase !

En collaboration avec la Fondation Périer D’ieteren

Les 3 Grâces : étude préalable en vue d’une restauration complète

Une découverte exceptionnelle

Souvent reléguée au second plan, la fontaine des 3 Grâces exposée au Musée de la Ville de Bruxelles fait l’objet d’une étude en vue d’une probable restauration. Les spécialistes de l’IRPA analysent les matériaux et se penchent sur l’histoire de cette sculpture datant de 1545.

Qui sont les Trois Grâces ?

Cette fontaine anthropomorphe a rejoint les collections en 1889. Elle représente trois jeunes femmes nues. Une thématique très à la mode pendant la Renaissance. Les jeunes femmes entourent une colonne dite toscane : fût lisse, base et chapiteau arrondis. Elle repose sur un socle en forme de pyramide tronquée. Prénommées Aglaé, symbole de la Splendeur, Euphrosyne, symbole de l’Allégresse et Thalie, l’Abondance. Probablement les filles de Jupiter et Eurynomé, elles évoquent la vie qu’elles traversent en dansant.

L’une des Grâces se présente de dos avec les cheveux tressés noués sur le front. Les deux autres s’appuient nonchalamment sur la colonne. Leurs longs cheveux bouclés retombent sur leurs épaules. Des panneaux trapézoïdaux encadrés agrémentent les différentes faces du socle. Cette évocation de  bas-reliefs figurent des scènes mythologiques liées à l’eau et à la fécondité.
L’eau jailli grâce à cinq jets provenant des seins de deux des Grâces et d’un des reliefs sur le socle. Il n’y a pas de vasque pour recueillir l’eau qui s’écoulait donc directement sur le sol.