Cultivateurs de chicons © Vlaamse Gemeenschapscommissie, Erfgoedcel Brussel

Haren | Alimentation

Haren est et restera connue pour ses chicons (ou endives). Dans le passé, cette renommée dépassait même nos frontières. Le chicon de pleine terre de Bruxelles est désormais inscrit sur la liste du patrimoine immatériel régional. Espérons que les choux ne soient pas jaloux…

L’origine du chicon n’est pas très claire. Était-ce l’invention d’un agriculteur ou du jardinier en chef du Jardin botanique de Bruxelles, nous ne le saurons sans doute jamais. Cependant, il est certain que la première culture du chicon de pleine terre a eu lieu à Evere et Haren, avant de s’étendre à la province de Brabant.

La culture du chicon était particulièrement répandue à Haren, car il y avait encore beaucoup de terres agricoles disponibles à l’époque.

 

Cultivateurs de chicons © Vlaamse Gemeenschapscommissie, Erfgoedcel Brussel

Feu Julien Depauw, le dernier cultivateur professionnel de chicons à Haren © Collection privée (Philip Debroe)

L’image que les gens ont aujourd’hui de la culture du chicon semble toutefois plus romantique qu’elle ne l’était en réalité. Pour les cultivateurs amateurs, il s’agit d’une méthode de culture qui ne semble pas trop difficile et qui donne des résultats assez rapides. Mais pour ceux qui avaient l’habitude de cultiver le chicon à l’ancienne, c’était plutôt laborieux. Les gens travaillaient dehors, le dos courbé ou avec les genoux sur le sol dans le froid et les intempéries, et pour beaucoup c’était leur seul moyen de subsistance. Si vous parlez à des personnes qui en ont fait l’expérience, c’était un travail consistant à ramper et à s’ancrer dans le sol, par temps humide et froid ; le même travail monotone, encore et encore, et ce sans machines.

Feu Julien Depauw, le dernier cultivateur professionnel de chicons à Haren © Collection privée (Philip Debroe)

Nettoyage des chicons dans le “kot à chicons” © Vlaamse Gemeenschapscommissie, Erfgoedcel Brussel

Il est bon que les jardiniers amateurs s’y intéressent à nouveau et perpétuent en quelque sorte la tradition, mais une chose qu’ils ne pourront jamais connaître, c’est l’atmosphère et les histoires du kot (cabane) à chicons.

Une anecdote sur la culture du chicon raconte que, lorsque le premier voyage en train a été effectué en Belgique sur la ligne Malines-Bruxelles, beaucoup de gens se sont demandé ce qu’étaient ces lumières dans le noir près de Haren… Il s’agissait des feux allumés pour garder les pousses de chicons bien au chaud.

À Haren, il y avait régulièrement des foires dans les différents coins du village, dans le centre, à Haren-Nord et à Haren-Sud, et on pourrait penser qu’il y aurait des chicons au gratin au menu, mais ce n’était pas le cas. Les témoignages révèlent que le banquet de la foire de juin était composé de petits pois et de carottes, de rosbif et de pommes de terre nouvelles.

Enfin, selon les anciens de Haren, une mention honorable doit être attribuée aux frites de Mieke et Jangske Pees.

GC De Linde

 

Nettoyage des chicons dans le “kot à chicons” © Vlaamse Gemeenschapscommissie, Erfgoedcel Brussel

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