La statue originale

Après avoir été l’objet d’une nouvelle tentative de vol en 1965, Manneken-Pis est confié au Musée communal et remplacé à la fontaine par la copie que l’on peut toujours y admirer aujourd’hui. Brisée en deux, la statue originale est restaurée en 2003.


Jérôme Duquesnoy

En 1619, les autorités bruxelloises décident de renouveler l’aménagement de la fontaine de Manneken-Pis déjà existante : colonne, bassin et statuette sont remplacés. Elles passent alors commande au célèbre sculpteur de l’époque, Jérôme Duquesnoy (vers 1570-1650), d’un nouveau Manneken-Pis en bronze. L’artiste donne une interprétation baroque du motif de l’enfant urinant, thème remontant à l’antiquité gréco-romaine où il n’est pas rare que Cupidon, le dieu de l’amour personnifié sous les traits d’un petit garçon nu (ailé ou non), soit représenté en train de se soulager. Du 15e au 18e siècle, la figure du Putto (« bambin ») urinant est à la mode dans les arts et couramment utilisée en Europe comme sujet pour des fontaines tant publiques que privées.


Un engouement aux multiples facettes

Manneken-Pis est par ailleurs depuis longtemps l’objet d’une affection particulière de la part des Bruxellois. Considéré comme l’un d’entre eux, il est associé aux festivités de la ville à l’occasion desquelles on prend l’habitude de l’habiller. Les Bruxellois se reconnaissent dans ce petit bonhomme et en font le symbole de leur personnalité qu’ils veulent volontiers espiègle et irrévérencieuse. Rien d’étonnant donc que, selon les circonstances, Manneken-Pis soit porte-drapeau d’un humour décalé ou porte-parole de l’humeur des habitants. Il fait l’objet de copies, d’imitations, de reproductions et de détournements. À partir des années 1950-1960, marquées par les débuts de la société de consommation et du tourisme de masse, les produits dérivés à son effigie se multiplient. Plus récemment, des artistes s’emparent du symbole et en donnent des interprétations personnelles.


Isabelle de Borchgrave à la Maison du Roi
À l’occasion du renouvellement de la salle Manneken-Pis à la Maison du Roi, l’artiste bruxelloise Isabelle de Borchgrave a accepté de réaliser une copie en papier de l’habit offert par Louis XV en 1747, le plus ancien costume conservé. De son matériau de prédilection, elle a fait naître un costume troublant de réalisme.

Les légendes de Manneken-Pis

En 1824, l’écrivain français Jacques Collin de Plancy publie Histoire de Manneken-Pis racontée par lui-même, ouvrage dans lequel il relate les grands moments de l’histoire de Bruxelles. Il y rapporte aussi, il est le premier à le faire par écrit, quatre légendes expliquant l’origine du motif de la célèbre statue. L’ouvrage rencontre un vif succès et, bien que fantaisiste, sert de base aux nombreux livres consacrés à la statuette. Par la suite, plusieurs écrivains, comme Victor Devogel (Légendes bruxelloises, 1890), reprennent, adaptent et complètent le corpus des histoires merveilleuses relatives à Manneken-Pis. Ces récits le présentent tous comme un petit garçon dont les aventures lui valent d’obtenir une sculpture à son effigie.

Téléchargez les légendes

GardeRobe

Découvrez l’incroyable GardeRobe du plus célèbre bruxellois, rue du Chêne 19, à deux pas de la fontaine.
Pour tout savoir sur Manneken-pis : www.mannekenpis.brussels