La statue originale

Après avoir été l’objet d’une nouvelle tentative de vol en 1965, Manneken-Pis est confié au Musée communal. Il remplacé à la fontaine par la
copie que l’on peut toujours y admirer aujourd’hui. 

Le Manneken-Pis de Jérôme Duquesnoy
En 1619, les autorités bruxelloises décident de renouveler l’aménagement de la fontaine de Manneken-Pis déjà existante : colonne, bassin et statuette sont remplacés. Elles passent alors commande au célèbre sculpteur de l’époque, Jérôme Duquesnoy d’un nouveau Manneken-Pis en bronze. L’artiste donne une interprétation baroque du motif de l’enfant urinant, thème remontant à l’antiquité gréco-romaine où il n’est pas rare que Cupidon, le dieu de l’amour personnifié sous les traits d’un garçon nu, soit représenté en train de se soulager. Du 15e au 18e siècle, la figure du Putto (« bambin ») urinant est à la mode dans les arts et couramment utilisé en Europe comme sujet pour des fontaines tant publiques que privées.

Les légendes de Manneken-Pis
En 1824, l’écrivain français Jacques Collin de Plancy publie Histoire de Manneken-Pis racontée par lui-même, ouvrage dans lequel il relate les grands moments de l’histoire de Bruxelles. Il y rapporte aussi, il est le premier à le faire par écrit, quatre légendes expliquant l’origine du motif de la célèbre statue. L’ouvrage rencontre un vif succès et, bien que fantaisiste, sert de base aux nombreux livres consacrés à la statuette. Par la suite, plusieurs écrivains, comme Victor Devogel, reprennent, adaptent et complètent le corpus des histoires merveilleuses relatives à Manneken-Pis. Ces récits le présentent tous comme un petit garçon dont les aventures lui valent d’obtenir une sculpture à son effigie.

Podacsts : les Légendes de Manneken-Pis
Par Philippe Baudot

Episode 1 : Le Sauveur de Bruxelles
Même confiné, le Bruxellois conserve sa bonne humeur car il sait que le Ket sera toujours là !


Episode 2 : Le petit garçon et la sorcière
Au coin d'une rue, non loin de la Grand Place, était une maison avec une porte en bois. A première vue, quoi de plus banal ? Et pourtant, tout le monde la connaissait cette maison-là. Car ce qui était particulier, c'était qui habitait dans cette maison...

Nous sommes le 5 juin 1142, dans l'Abbaye d'Afflighem. Ce lieu, d'habitude si calme, connait ce jour-là une grande animation. C'est tout le faste de la cour qui est là : Archers, porte étendards, chevaliers...
C'est sûr, il se passe ici quelque chose d'inhabituel...

Un engouement aux multiples facettes
Manneken-Pis est par ailleurs depuis longtemps l’objet d’une affection particulière de la part des Bruxellois. Considéré comme l’un d’entre eux, il est associé aux festivités de la ville à l’occasion desquelles on prend l’habitude de l’habiller. Les Bruxellois se reconnaissent dans ce petit bonhomme et en font le symbole de leur personnalité qu’ils veulent volontiers espiègle et irrévérencieuse. Rien d’étonnant donc que, selon les circonstances, Manneken-Pis soit porte-drapeau d’un humour décalé ou porte-parole de l’humeur des habitants. Il fait l’objet de copies, d’imitations, de reproductions et de détournements. À partir des années 1950-1960, marquées par les débuts de la société de consommation et du tourisme de masse, les produits dérivés à son effigie se multiplient. Plus récemment, des artistes s’emparent du symbole et en donnent des interprétations personnelles.

Plus de 1000 costumes
Manneken-Pis est depuis le 17e siècle l’enfant chéri des Bruxellois. Dès cette époque, l’habitude est prise de l’habiller lors de grands événements. Cette étrange tradition s’est perpétuée au fil des siècles et même intensifiée depuis les années 1980. Si le fait d’habiller des statues religieuses, la Vierge et l’enfant Jésus en particulier, est certain, Manneken-Pis est le seul exemple connu au monde d’une statuette profane possédant une vraie garde-robe.
La GardeRobe MannekenPis vous invite à la découverte de cette surprenante collection et de son histoire étonnante.

Isabelle de Borchgrave  
À l’occasion du renouvellement de la salle Manneken-Pis, l’artiste bruxelloise Isabelle de Borchgrave a accepté de réaliser une copie en papier de l’habit offert par Louis XV en 1747, le plus ancien habit conservé. De son matériau de prédilection, elle a fait naître un costume troublant de réalisme.